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Discours des Voeux du GPE le 27 janvier 2010

DISCOURS DES VOEUX PIERRE LASBORDES, DEPUTE DE L’ESSONNE, PRESIDENT DU GROUPE PARLEMENTAIRE SUR L’ESPACE 27 JANVIER 2009

Mesdames les Ministres , Messieurs les Ministres, Messieurs les Généraux , Messieurs les Présidents, Monsieur le Président de l’OPESCT, Mes Chers Collègues Mesdames et Messieurs,

Je souhaiterais tout d’abord vous remercier très chaleureusement d’être parmi nous ce soir. Je tiens à excuser Messieurs Auque et Herteman qui sont actuellement à l’étranger et de nombreux parlementaires retenus dans leur circonscription. A vous tous, et au nom de tous les membres du GPE je vous présente mes vœux les plus sincères pour 2010 pour vous même et vos proches.

Je remercie tout particulièrement, madame la ministre de l’enseignement supérieur et de la Recherche, pour avoir pu se libérer en dépit d’un emploi du temps que je sais être particulièrement chargé.

Je tiens à remercier aussi monsieur le Ministre chargé de l’industrie de sa présence. Si nous avons besoin de chercheurs, nous avons également besoin d’industriels engagés pour maintenir la France au rang de grande puissance spatiale et ils sont nombreux ici ce soir.

Je remercie également monsieur le Secrétaire d’État aux Affaires Européennes pour sa venue. Aujourd’hui, et plus que jamais avec la ratification du Traité de Lisbonne, l’Union Européenne est un acteur incontournable de la politique spatiale européenne, je dirais même qu’elle doit en devenir le moteur avec l’Agence spatiale européenne.

La cérémonie des vœux du GPE est un rendez-vous important où vous êtes de plus en plus nombreux. C’est en effet l’occasion pour nous de vous recevoir en ce lieu chargé d’histoire -et j’en profite pour remercier Monsieur le Questeur Philippe Briand pour son hospitalité- et de renouveler avec force l’engagement du Groupe Parlementaire sur l’Espace pour le secteur spatial .

L’année écoulée fut une année riche.

2009 comme nous l’avions imaginé l’année dernière a été « un bon cru » pour notre industrie spatiale et ce malgré la crise. Cette réussite souligne sa solidité, dont il faut se réjouir, au moment même où dans le monde des sociétés font faillites, je pense notamment à Sea Launch.

Citons quelques faits majeurs : les nombreuses commandes et livraisons de nos industriels des satellites et des moteurs. les sept lancements d’Ariane 5. le lancement réussi d’Helios 2B qui souligne une fois de plus le haut niveau d’expertise atteint en France tant du côté des maîtres d’ouvrage public -la DGA et le CNES- , du client – le ministère de la défense- que celui de l’industrie spatiale. le lancement des deux satellites scientifiques Herschel et Planck

2009 c’est également : la désignation de Franck de Winne, premier européen à prendre les commandes de la Station Spatiale Internationale. la tenue de la première conférence européenne sur l’exploration spatiale à Prague en Octobre où le GPE était présent.

2009 restera pour nous tous l’année de l’affirmation de l’Europe, c’est l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne avec une Europe plus forte de nouvelles règles, notamment celle à la majorité qualifiée, des pouvoirs supplémentaires pour le Parlement européen et puis l’élargissement des compétences partagées notamment dans le domaine spatial.

Nous ne savons pas bien encore comment tout cela va être mis en œuvre mais nous pouvons espérer un nouveau départ pour l’Europe spatiale telle que nous la souhaitons tous ici :

- Forte et cohérente, qui puisse favoriser sur notre continent des progrès scientifiques et techniques, coordonner les efforts nécessaires pour l’exploration et l’utilisation de l’espace. une Europe qui dispose de moyens financiers supplémentaires pour plus de programmes, c’est à dire concrètement, plus d’emplois à forte valeur ajoutée. Je pense notamment aux emplois sur les sites de Toulouse, Cannes, Vernon …

L’Europe spatiale doit se faire dans l’intérêt de tous et au détriment d’aucun d’entre nous et nous y veillerons. Nous attachons au GPE une importance particulière à nouer des liens de confiance avec nos collègues du Parlement Européen. Nous souhaitons les impliquer étroitement à nos initiatives. Une délégation du parlement européen sera ainsi présente à Bucarest pour la 12ème Conférence Interparlementaire sur l’Espace.

2009, c’est aussi l’internationalisation de l’espace.

Il y a maintenant près de 55 ans les Russes lançaient le premier satellite Spoutnik dans l’espace suivi de près par les américains ; il y a trente ans l’Europe disposait de son premier lanceur Ariane qui aujourd’hui est le premier lanceur commercial au monde... nous ne disposions à l’époque que de trois bases de lancements Baïkonour, Cap Canaveral et Kourou. En 2009, la situation est bien différente : de nouvelles puissances spatiales ont émergé, comme la Corée du Sud, le Brésil et nous pouvons d’ores et déjà parler de « mondialisation de l’espace », si je peux me permettre cette expression.

Cette mondialisation démontre la volonté d’un nombre sans cesse croissant de puissances qui souhaitent faire partie du club – autrefois très confidentiel- des nations spatiales. Cette mondialisation est à la fois porteuse d’espoirs et de dangers.

Les dangers - je ne commence pas par les dangers parce que je suis pessimiste mais parce que il faut se confronter à la réalité - sont d’abord le risque d’un espace militarisé et les récents essais effectués aussi bien par les Iraniens que par les Coréens du nord sont là pour le prouver. Messieurs les Généraux, et monsieur le Délégué ici présents devront y veiller. Ensuite, et sur un tout autre plan, le renforcement de la concurrence que cela soit dans le domaine des lanceurs ou celui des satellites.

Quant aux espoirs, ils reposent sur la création de nouveaux services pour nos produits (lanceurs, satellites,, moteurs, ATV ...) mais aussi, sur l’initiative européenne, de faire adopter d’ici la fin de l’année 2010 un projet de Code de conduite pour les activités dans l’espace extra-atmosphérique.

Mais c’est espoirs ne doivent pas nous faire oublier les réalités.

« Gouverner c’est prévoir ». A la demande du Premier ministre, Messieurs Bigot, Collet-Billon et d’Escatha ont rédigé un rapport sur l’avenir de la filière des lanceurs européens. Nous avons eu l’honneur au GPE d’y apporter notre contribution. Il est essentiel à nos yeux, Madame la Ministre, que cet excellent rapport soit suivi d’effet soutenu en cela par des décisions qui devront être prises rapidement. Je sais, Madame la Ministre, que vous êtes mobilisée sur ce sujet et je souhaite vous réitérer notre indéfectible soutien.

L’Europe spatiale ne doit pas rester immobile ; elle devra maintenir dans le futur un accès à l’espace répondant à ses besoins fondamentaux. Il est essentiel que nous européens -Etats membres – industriels – opérateurs d’Ariane 5- soyons tous unis derrière ce grand projet.

Pour le GPE, 2009 a été aussi une année riche en mobilisation. Au-delà de notre participation à la réflexion sur le futur lanceur, nous avons porté une attention, comme chaque année, toute particulière au budget du CNES.

Nous sommes intervenus auprès des pouvoirs publics pour qu’ils puissent soutenir financièrement nos industries et ce dans le cadre du Grand emprunt. Ainsi 500 millions d’euros ont été réservés pour maintenir l’avance technologique en matière d’industrie spatiale.

Concrètement, il s’agit de financer les études préparatoires de la fusée de nouvelle génération Ariane 6 mais aussi de financer l’amélioration technologique des satellites. Le secteur spatial fait, en effet, partie des filières industrielles d’excellence pour lesquelles l’effort d’innovation reste indispensable.

D’autre part, persuadé que les technologies spatiales ont un rôle à jouer pour réduire la fracture numérique, notamment dans les zones isolées, le Premier Ministre a récemment annoncé, lors d’un de ses déplacements dans les Yvelines, un plan pour le haut débit pour les zones recluses. Une partie de l’argent du grand emprunt sera ainsi investi dans un système de satellites de nouvelle génération capable de répondre à ce défi.

Nous avons participé cette année à la XIème Conférence Interparlementaire Européenne sur l’Espace qui s’est tenue à Londres.

A cette occasion, nous avons soutenu l’initiative de la présidence britannique de mettre en avant les retombées du secteur spatial dans la vie de tous les jours de nos concitoyens. A cet effet, un fascicule qui reprend des initiatives spatiales nationales des neuf pays membres a été édité. .

Cette année la CIEE aura lieu à Bucarest. Nous sommes fiers que des pays qui n’ont pas à première vue aucun intérêt particulier pour le spatial s’enthousiasment pour ce secteur et en deviennent les ardents défenseurs. Je compte sur vous tous pour nous aider à faire de cette prochaine conférence un succès. Il est, je crois, important d’intensifier nos échanges. La CIEE est un rendez-vous parlementaire mais c’est aussi et avant tout un grand rendez-vous spatial et je souhaite qu’il soit l’occasion, pour notre communauté, de nous rassembler. Je veux vous dire que j’y attache une grande importance et que cette année plus que jamais nous vous solliciterons .

Toujours dans le cadre de la CIEE, en 2010, une délégation composée de parlementaires de chacun des pays membres devrait se rendre à Kourou à l’invitation du président d’Escatha. Je suis particulièrement attaché à ce projet sur lequel nous travaillons au GPE depuis déjà plus d’une année. Il est essentiel que les parlementaires touchent la réalité spatiale, puissent se rendre compte de leurs propres yeux de la complexité et de l’excellence de notre base spatiale.

Plusieurs de mes collègues français et européens ont déjà eu la chance de visiter le CSG. Tous, à leur retour, étaient plus que jamais déterminés à s’engager pour le spatial et nous savons ici combien nous avons besoin de soutiens forts ! Je remercie les puissances invitantes pour leur avoir permis de vivre cette expérience incomparable et je sais que vous serez encore nombreux à la vivre. La file d’attente est longue mais soyez patients !

2009 a aussi été l’occasion pour nous d’intensifier nos relations avec nos collègues des grandes puissances spatiales :

A l’invitation du président du groupe aéronautique et spatial russe, Sergei CHICHKAREV nous nous sommes rendus, cet été, à Moscou pour le Salon MAKS. Nos collègues russes nous ont réaffirmé, à cette occasion, leur désir de renforcer nos liens et d’intensifier nos échanges, citant comme projet phare commun Soyouz à Kourou ; Nous nous sommes rendus plusieurs fois en Allemagne à l’invitation de mon ami Kurt Rossmanith ; Enfin, conscients des grands changements survenus aux Etats Unis après l’élection du Président Obama et de son souhait de remettre à plat la politique spatiale américaine, nous nous sommes rendus aux États-Unis afin de rencontrer les acteurs du spatial américain au plus haut niveau. Permettez moi de dire deux mots de cette mission d’étude parce qu’elle me semble être importante.

Nous avons eu des entretiens fructueux au Congrès avec nos collègues Bart Gordon, président du Comité Science et Technologie de la Chambre des Représentants, Gabrielle Giffords présidente du sous-comité aéronautique et espace et Alan Mollohan président de la Commission Finances pour le commerce et la science. Nous nous sommes entretenus également avec le directeur de cabinet de John Holdren, conseiller scientifique du Président Obama. Enfin, nous avons rencontré longuement Charles Bolden, administrateur de la NASA.

A chaque entretien nous avons rencontré des hommes et des femmes animés d’un même désir, celui de continuer à explorer l’espace et conscients des obstacles, notamment financiers, auxquels ils sont confrontés. Nous avons rencontré des hommes et des femmes prêts - et ce message nous a été répété maintes fois – à coopérer avec nous sur des grands programmes notamment d’exploration mais également prêts, si nous ne répondons pas positivement, à coopérer avec d’autres puissances comme la Chine ou l’Inde.

Cependant nous ne sommes pas naïfs, si le partenariat avec l’Europe semble être privilégié, les termes de la coopération restent encore à définir. L’Europe ne pourra et ne devra participer à un grand programme d’exploration internationale que comme un partenaire à part entière. C’est pourquoi nous avons décidé, avec nos collègues américains, de mettre en place dès à présent un groupe de travail afin de réfléchir ensemble aux modalités de cette coopération. Nous espérons madame la ministre qu’une fois les arbitrages effectués par le Président Obama, la France et l’Europe seront au rendez-vous.

Enfin, et pour conclure cette année en beauté, c’est fin 2009 qu’a été inaugurée, dans la ville de mon ami, le sénateur Alain Gournac, l’exposition du CNES « Satel Light. Je souhaite que cette exposition itinérante circule le plus largement possible dans les circonscriptions de mes collègues et amis. Nous attachons tous une grande importance à ces événements à la frontière du culturel et de la science. Il est de notre devoir à nous parlementaires du GPE de favoriser autant que possible toutes les initiatives qui peuvent populariser - et j’oserais dire dans cette enceinte démocratiser- le secteur spatial. Je tiens à remercier tout particulièrement le CNES et son Président pour cette belle initiative ; Elle contribuera , j’en suis certain, à la diffusion de la culture scientifique et technique dans le domaine spatial chère à mon amie Claudie Haigneré et au GPE.

L’année 2009 a donc été une année très riche ; que pouvons nous souhaiter pour 2010 ?

Je dirais tout d’abord de grands succès spatiaux pour la France et l’Europe que cela soient : les premiers tirs des lanceurs Soyouz et Vega depuis la base spatiale de Kourou. C’est en effet cette année qu’ils devraient être effectués ; nous disposerons alors d’une gamme de lanceurs capable de répondre à toutes les spécificités du marché. le lancement du 2ème Véhicule de transfert automatique (ATV) et je souhaite que ce deuxième lancement puisse être aussi concluant que le premier. le démarrage de Galiléo

Au-delà de ces lancements exceptionnels, je souhaite toutefois m’arrêter quelques instants sur le projet de satellite Galiléo : Galiléo est pour les français un des symboles phares du spatial avec le lanceur Ariane. ils ont été probablement déçus de voir que l’industrie française n’avait pas été retenue dans les premiers choix effectués ; Arianespace a été toutefois choisi pour les lanceurs avec Soyouz , on peut voir cela comme un clin d’oeil à l’année France-Russie qui vient de commencer... la réalité est naturellement plus complexe mais en tant que parlementaire français et sans mettre en cause la qualité des offres retenues, je souhaite que la France puisse avoir toute sa part au sein de ce formidable programme. Nous comptons sur vous Madame la Ministre.

2010 c’est la poursuite du programme MUSIS et le lancement du programme CERES au profit du renseignement militaire. Le Livre Blanc a fixé une trajectoire budgétaire, je compte sur vous Messieurs les Généraux pour nous alerter si cette trajectoire venait à bifurquer.

J’en profite pour vous annoncer le lancement réussi, aujourd’hui, du nouveau missile nucléaire M51 depuis le sous-marin Le Terrible ! c’est une grande réussite dont nous sommes tous fiers au GPE !

2010 c’est aussi le programme MTG constitué par 6 satellites de Météo Troisième Génération

2010 c’est également le lancement du programme Ariane 6 qui doit tous nous mobiliser, les Etats membres, les industriels, les opérateurs d’Ariane 5 et bien sûr nous autres hommes et femmes politique.

C’est encore en 2010 que se tiendra la seconde Conférence Européenne sur l’exploration à Bruxelles . Il faut qu’elle soit un succès ! Que l’Europe s’engage et dispose d’une feuille de route ! Il n’est pas envisageable que l’Europe soit écartée des grands programmes d’exploration spatiale au moment même où un nombre croissant de nations souhaitent y participer. Nous suivrons avec nos collègues européens - qui sont aussi attachés que nous au rayonnement européen- les différentes étapes de la préparation de cette conférence. Je souhaite que nous puissions en débattre lors de la XIIème CIEE à Bucarest.

Enfin, nous serons très attentifs cette année encore à ce que le CNES, au delà du renforcement de sa participation aux programmes de l’ESA, dispose d’un budget conséquent pour mener à bien ses grands programmes.

J’ajouterais un petit mot concernant l’Environnement, car même si le Sommet de Copenhague ne fut pas le succès que tout le monde escomptait, il faut continuer à se mobiliser. L’Espace peut apporter des réponses concrètes aux problèmes liés à la pollution et au réchauffement climatique. C’est pourquoi nous soutenons le Plan d’Applications Satellitaires lancé par le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de la Mer (MEEDDM) dont l’objectif est de proposer des applications spatiales qui puissent favoriser la mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement.

Mesdames et Messieurs, je tiens une nouvelle fois à vous remercier d’être venus aussi nombreux. Je souhaite continuer à partager avec vous mon enthousiasme, l’enthousiasme du Groupe Parlementaire, dont le nombre d’adhérents et donc de militants - certains d’entre vous savent à quel point je suis attaché à ce mot- ne cesse de croître. J’ai la ferme conviction que bien que nous venons de fêter les 30 ans du lanceur Ariane, symbole de la réussite européenne, l’Europe spatiale et la la France spatiale ont devant elles un avenir brillant pour tous les femmes et les hommes qui y croient.

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