Le mot du président
A propos du GPE
Historique et statut
Membres
Partenaires
Devenir adhérent ou partenaire
Conférence Interparlementaire Européenne sur l’Espace
Dossiers
Discours
Espace presse
Contact
Accueil - Actualités
Discours de Pierre Lasbordes, président du GPE
Discours des voeux par Pierre Lasbordes, député de l’Essonne, président du GPE
Comme tous les ans, le Groupe Parlementaire sur l’Espace a invité les acteurs du spatial français et européens à se retrouver à l’Assemblée Nationale afin de célébrer la nouvelle année. Madame Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche était présente.

DISCOURS DES VOEUX PIERRE LASBORDES, DEPUTE DE L’ESSONNE, PRESIDENT DU GROUPE PARLEMENTAIRE SUR L’ESPACE 12 JANVIER 2011

Madame et Monsieur les Ministres Messieurs les officiers Généraux et Amiraux, Mes Chers Collègues Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs,

Je souhaiterais tout d’abord vous remercier très chaleureusement d’être parmi nous ce soir. A vous tous et au nom de tous les membres du GPE, je vous souhaite une belle et heureuse année 2011.

Je remercie tout particulièrement Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et Monsieur le Secrétaire d’Etat au Commerce Extérieur d’être parmi nous ce soir. Je tiens à excuser certains de mes collègues, qui en cette période de début d’année ont été retenus dans leur circonscription ainsi que Monsieur Alain Devaquet, ancien ministre, qui n’a pas pu malheureusement se joindre à nous ce soir.

Avant de commencer je souhaiterais que nous ayons tous une pensée pour la Représentante Gabrielle Gifford, fervente défenseur du spatial, avec laquelle nous avons travaillé au GPE et qui vient d’être victime d’un attentat particulièrement odieux en Arizona.

Vous le savez, la cérémonie des vœux du GPE est un rendez-vous important. C’est en effet l’occasion pour nous de vous recevoir en ce lieu chargé d’histoire -et j’en profite pour remercier Monsieur le Questeur Philippe Briand pour son hospitalité- et de renouveler avec force l’engagement du Groupe Parlementaire sur l’Espace pour le secteur spatial.

Comme nous l’avions prévu l’année dernière, 2010 a été une belle année pour le secteur spatial français en dépit de secousses financières et économiques qui ont frappé le monde.

2010 fut une belle année à la fois sur le plan des commandes et des lancements.

Cette année encore nous avons pu assister à 6 lancements réussis d’Ariane 5, ce qui porte à 41 le nombre de vols consécutifs. C’est pour nous tous une grande fierté.

2010 s’est aussi l’année de nombreux succès de nos industriels :

C’est la signature de grands contrats comme MTG. Nous sommes heureux de cette grande victoire d’autant plus que , je crois , tous ici nous connaissons l’attachement des français à la météo …

Les succès industriels de 2010 ce sont aussi les contrats remportés pour les constellations Iridium et O3B .

C’est aussi l’année du lancement du satellite KaSat qui devra permettre de fournir de l’Internet à haut débit dans les régions les plus difficiles d’accès en Europe. Et en tant qu’élus nous sommes particulièrement sensibles à toutes actions permettant de combler la fracture numérique dans notre pays.

Ces succès mettent en lumière la solidité et la qualité de nos constructeurs de satellites et de nos opérateurs. C’est aussi l’occasion pour moi de souligner l’importance, voire l’urgence qu’il y a aujourd’hui en France à développer le chiffre d’affaires des services liés aux applications spatiales et ce, d’autant plus que nous disposons en France des SSII extrêmement performantes et compétitives. C’est ainsi toute l’économie liée au spatial qu’il faut encourager. L’histoire du spatial aux Etats-Unis nous l’a d’ailleurs montrée.

Si le spatial civil a été marqué par des succès, 2010 fut aussi une très belle année pour le spatial militaire.

C’est tout d’abord la création au mois de juillet dernier du Commandement Inter-armée de l’Espace. C’est pour nous l’affirmation du caractère stratégique du spatial en France et la volonté de maintenir et de développer l’indépendance stratégique de la France. Je tiens à saluer tout particulièrement la présence ce soir du Général Arnaud qui a lourde tache de diriger cette toute nouvelle structure.

C’est aussi la concrétisation des grandes coopérations européennes avec le lancement du successeur d’Hélios, le satellite CSO du programme MUSIS, la mise en service opérationnelle des segments sol des satellites COSMO-SkyMed en coopération avec nos amis Italiens et SARLupe en coopération avec nos amis Allemands.

Ainsi, au cours de cette année, l’Etat s’est impliqué peut-être plus encore qu’il ne l’avait fait par le passé. Il s’est impliqué financièrement directement via le grand emprunt ou en apportant sa garantie via la Coface pour soutenir les exportations de nos industriels ; il s’est impliqué budgétairement via la convention Etat-CNES ; et il s’est impliqué politiquement notamment avec le discours du Président de la République à Vernon au mois de décembre dernier, sans oublier tout le travail qui a été fait dans ce sens par le Gouvernement.

tout d’abord le Grand emprunt ; Si l’Etat a décidé d’investir c’est parce qu’il voit dans les nouvelles technologies le bénéfice sur notre vie quotidienne. Tout le monde connaît l’adage « gouverner c’est prévoir », c’est donc à nous, politiques, que revient l’initiative de répondre aux attentes des citoyens. En la matière les nouvelles technologies apportent leurs contributions et les applications spatiales apportent des outils performants au service des citoyens : la télévision par satellite, la météorologie et la localisation en sont de parfaits exemples. Les réflexions menées au sein du GPE montrent que les applications spatiales aideront très largement la décision et l’action des élus que ce soit en matière d’aménagement du territoire ou de prévention et de gestion des risques.

Ensuite la signature du contrat Etat-CNES qui s’est concrétisée par un effort budgétaire important et se traduit par une augmentation de 15 millions d’euros dès 2011 de la subvention accordée au CNES au titre du programme multilatéral, ainsi qu’une progression du budget de la France à l’ESA jusqu’en 2015 ; dans un contexte où l’Europe n’a jamais acquis aussi peu de spatial, cet effort mérite d’être souligné.

enfin le discours au mois de décembre du Président de la République sur l’avenir de la filière spatiale lors de sa visite à Vernon chez Safran. A cette occasion, le Président de la République a réaffirmé que le secteur spatial français était un secteur stratégique porteur de croissance et d’emplois. Il a rappelé le rôle primordial de la France dans la construction de l’Europe spatiale et insisté sur les performances de l’industrie spatiale française au niveau mondial. De plus, le Président a rappelé la volonté de la France et de l’Europe de disposer d’un accès autonome à l’espace qu’il a lui même qualifié de « pierre angulaire » de la politique spatiale française.

Toutes ces actions sont la conséquence de la détermination du gouvernement, des élus, de l’ensemble des pouvoirs publics, à faire du secteur spatial un secteur stratégique. Cette réaffirmation du caractère stratégique de l’espace se retrouve également en Allemagne où le gouvernement allemand au mois de décembre a présenté la nouvelle stratégie spatiale allemande, on la retrouve aussi au Japon où nous nous sommes récemment rendus avec le GPE et où le gouvernement japonais vient de réorganiser en profondeur le secteur spatial institutionnel créant ex-nihilo un Secrétariat du Centre Stratégique de Politique Spatiale chargé de coordonner l’action des différents ministères en charge de l’Espace.

Aux vues de ces résultats, nous sommes donc au GPE résolument confiants dans l’avenir. Mais être confiant ne suffit pas, il faut aussi être ambitieux … et beaucoup reste à faire.

Etre ambitieux c’est être persévérant : nous souhaitons tous que 2011 soit l’année du premier lancement de Soyouz et de Vega depuis Kourou. L’attente est longue, mais l’Europe doit aujourd’hui disposer d’une gamme de lanceurs adaptée au marché. Soyouz embarquera les premiers satellites IOV de la constellation Galileo, c’est donc un rendez-vous doublement important pour toute la communauté spatiale européenne. Cette persévérance sera aussi récompensée au mois de février par le lancement du second ATV qui desservira la Station Spatiale Internationale. C’est une nouvelle fois toute l’excellence du spatial européen qui sera mis en lumière à cette occasion.

Etre ambitieux c’est aussi être capable de jouer collectivement : L’année dernière nous étions tous enthousiastes face à la ratification du Traité de Lisbonne qui laissait entrevoir de nombreux espoirs pour le secteur spatial européen. Aujourd’hui, force est de constater qu’il subsiste des interrogations : l’article 189 n’est toujours pas mis en oeuvre alors que la Commission voudrait s’impliquer encore plus. Mais cette implication toujours croissante et, selon certains inévitable, nécessite à la fois des adaptations mais aussi des garanties. Les règles qui prévalent aujourd’hui au sein de l’ESA et qui ont permis à l’Europe d’être la puissance spatiale que nous connaissons, sont bien différentes de celles de l’Union. C’est pourquoi, il faudra être vigilant !

Jouer collectivement c’est aussi permettre à chacun de trouver sa place dans cette nouvelle organisation. Au sein de la Conférence Interparlementaire Européenne sur l’espace dont le GPE est membre fondateur, nous n’avons pas attendu Lisbonne pour associer l’ensemble de nos partenaires, anciens Etats membres, nouvel Etat membre, Nations historiquement spatiales ou nouvellement converties. C’est d’ailleurs la Roumanie qui a assuré en 2010 la présidence de notre Conférence au cours de laquelle nous avons accueilli le Luxembourg comme onzième membre officiel de la CIEE.

C’est cette nouvelle Europe spatiale qui est en train de se dessiner.

Un pas décisif, pour moi et pour nous tous, a été franchi lors du dernier Conseil ESA au mois de décembre, lorsque la résolution de soutien aux lanceurs européens a été adoptée à l’unanimité. Il faut maintenant transformer l’essai et assurer la mise en place de ce soutien lors du prochain Conseil au mois de mars prochain.

Mais être ambitieux c’est aussi être créatif, voir plus loin, anticiper. C’est être en mesure de savoir ce que nous allons faire après l’arrêt de la navette ou bien en matière d’exploration. De nombreux débats ont déjà eu lieu, à tous les niveaux, sans pour autant que nous soyons capables d’expliquer clairement aux citoyens européens les enjeux, les coûts et les bénéfices liés à ces programmes. Il est essentiel de réfléchir ensemble à ces questions pour que les citoyens puissent s’emparer de ces projets sans avoir le sentiment, aujourd’hui trop souvent partagé, de subir les décisions des politiques.

Avec le GPE nous sommes allés l’année dernière aux Etats-Unis et au Japon afin notamment de mettre en place, avec nos homologues, des groupes de travail et ces deux grands sujets sont pour nos collègues et nous même prioritaires.

Les liens politiques qui nous unissent avec nos collègues américains ou japonais vont au-delà des accords que nous avons signés ou que nous signerons prochainement. Ils sont essentiels pour conforter et apporter une légitimité politique aux accords techniques, le plus souvent inter-agences qui ont par ailleurs déjà été signés. Nous sommes, les uns et les autres convaincus que l’implication du Parlement dans des décisions aussi importantes que celles qui touchent à notre avenir doit non seulement être engagée et, peut-être dans d’autres domaines, mais aussi renforcée. C’est la preuve que, partout dans le monde, les Parlements pèsent sur le spatial le plus souvent par l’intermédiaire de structures comparables à notre groupe.

Enfin être ambitieux c’est faire en sorte d’être compétitif. Face aux défis que nous ont lancés les pays émergents qui ont su développer, avec plus ou moins de succès mais une volonté certaine de réussir, des capacités de lancement et de production de satellites, il faut que nous, grande puissance spatiale historique, nous puissions être à même de relever ces défis. Je vais être très concret, être compétitif c’est proposer le bon produit au bon acheteur à un bon prix avec de bonnes conditions de financement.

Pour faire de bons produits il faut faire de la R&D. Je pense que l’effort institutionnel vis-à-vis de la R&D a été cette année conséquent, il convient donc maintenant de capitaliser.

Mais un bon produit c’est aussi un produit qui sort suffisamment tôt pour coller au plus près du marché, c’est pourquoi, et je sais que vous l’avez tous en tête, il est essentiel que nous avancions rapidement sur l’après Ariane 5. Nous disposons aujourd’hui d’un projet solide pour un nouveau lanceur doté d’un financement de 250 millions d’euros dans le cadre du grand emprunt. Il faut maintenant que, chacun d’entre nous et collectivement, nous en assurerions la promotion pour que nos partenaires européens aient envie de s’engager pleinement, à nos côtés, dans ce programme industriel ambitieux et stratégique pour l’Europe.

Nous faisons face aujourd’hui à un contexte international compliqué et la compétition au niveau international devient de plus en plus difficile. Il nous faudra non seulement conforter notre excellence technologique mais aussi assurer notre compétitivité.

Au cours de notre mission au Japon qui fut dense et extrêmement enrichissant nous avons pu rencontrer les personnalités institutionnelles et industrielles les plus impliquées dans le spatial. A chaque fois nous avons pu nous rendre compte de la volonté du gouvernement japonais d’intensifier ses efforts à l’export. Nous avions eu le même sentiment lors de notre mission aux Etats-Unis dont la présence sur les marchés commerciaux s’intensifie chaque jour un peu plus. Face à cette nouvelle donne, à ce contexte commercial et économique de plus en plus rude, il est primordial à mes yeux que la France soit unie, qu’elle agisse comme une équipe à la fois solidaire et concurrente afin de conserver nos compétences humaines et technologiques et notre rang au sein des grandes puissances spatiales.

Au delà de ces grands défis, et plus modestement pourrais-je ajouter, 2011 sera aussi une année chargée pour le GPE.

Parce que nous sommes convaincus de la nécessité d’avoir une stratégie française claire et précise pour notre secteur, nous souhaitons au GPE ouvrir un débat constructif et continu, sous une forme qu’il reste à définir, avec le Gouvernement sur la politique spatiale. Nous avons déjà engagé avec le GIFAS un état des lieux précis du secteur spatial français. Nous souhaitons avec force que ce document, une fois finalisé, puisse devenir une aide précieuse pour une stratégie efficace et pragmatique. En outre, les travaux qui sont menés par le Centre d’Analyse Stratégique dans le cadre de la « mission espace » et auxquels le GPE participe vont également dans ce sens.

Le Parlement est un relais entre l’exécutif et les citoyens. Plus que jamais ces derniers ont besoin d’être informés sur notre stratégie, sur les conséquences de nos décisions dans leur vie quotidienne. Nous ne pourrons avancer qu’avec une équipe de France unie à tous les niveaux. Parce que nous sommes convaincus de l’importance des grandes manifestations, nous serons présents cette année encore au Bourget. Nous organiserons avec le GIFAS une visite complète du Salon pour les membres du GPE, mais aussi pour nos collègues européens.

Parce que nous sommes convaincus de la nécessité de renforcer notre dynamique européenne parlementaire, nous souhaitons emmener à Kourou les membres de notre conférence ainsi que des parlementaires européens. Un engagement avait été pris en 2008 à l’occasion de la Conférence de Rome, nous nous efforcerons cette année de concrétiser cet engagement. La visite du centre spatial de Kourou a une valeur pédagogique et renforce l’adhésion européenne autour de nos réalisations communes. Madame la ministre, vous aviez déjà lors de la présidence française tenu un conseil ministériel sur l’espace à Kourou avec vos collègues européens. Nous avons tous en mémoire le succès de votre initiative. C’est pour cette raison que ce rendez-vous est pour nous et nos collègues européens particulièrement important.

Enfin, parce que nous sommes convaincus que c’est grâce à la connaissance de l’autre, au dialogue, à l’échange que nous progresserons, nous allons consolider nos échanges avec nos partenaires américains et japonais. Nous nous rendrons aussi en mission en Inde. Nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres et dans un contexte de crise économique, il est nécessaire que nous puissions bâtir ensemble des coopérations pour que la recherche et le développement de nouvelles technologies puissent demeurer des priorités.

Ainsi, je l’espère 2011 devrait être une année passionnante. Elle sera très certainement une année charnière pour le spatial avant le grand rendez vous européen de 2012, année de la prochaine réunion ministérielle de l’ESA. Ainsi, je forme le voeu que d’ici là, l’Europe puisse avancer unie et forte afin de demeurer la grande puissance spatiale qu’elle est aujourd’hui.

Je vous remercie.

Imprimer
Envoyer à un ami
| Accès mal-voyant | | Mentions légales | Crédits | Plan | Contact |